Un reportage en Rich Media

Ce qui suit est un exemple fictif destiné à mettre en contexte la pratique du journalisme multimédia / rich Media pour aborder une réflexion sur son écriture.

Librement inspiré du livre de A Joannes

Je suis donc journaliste, chargé d’un reportage sur un rallye automobile. J’écris un texte, je prends quelque photos, quelques prises de son et je filme une interview avec l’organisateur ainsi que quelques images des coureurs.

Plusieurs questions se posent alors. Tout d’abord, la plus évidente est celle de la redondance. Les documents produits sont-ils complémentaires ? Ou au contraire sont-ils redondants ? Si l’interviewé m’a parlé du programme du festival, alors il m’est inutile de le redire dans le texte. Mais la gestion de la vidéo est plus lourde et le discours de dix minutes de l’organisateur n’est somme toute pas très intéressant. Mieux vaut peut-être utiliser le texte comme support. Par contre le son est parfait pour rendre l’ambiance du rallye (son des voitures, cris de supporters…). La photo, avec son rapport au temps si particulier, me permet de restituer au mieux la joie du vainqueur à l’instant où on lui a remis le trophée. Et cette minute d’interview avec l’organisateur où il raconte comment le rallye de son village est devenu le rassemblement qu’il est aujourd’hui est tout à fait intéressante.

Nous abordons là la problématique même de l’écriture en rich media : la pertinence du support avec l’information délivrée. En effet, les différents médiums ne se substituent pas en tant que tel. On avait annoncé la mort de la presse a l’avènement de la radio et la mort de la radio à la naissance de la télévision, il semblerait que leurs usages respectifs leur aient néanmoins permis de survivre. De plus, grâce au multimédia, une nouvelle composante vient s’ajouter à l’exemple cité plus haut : les interactions. Pour des sujets plus complexes, on peut par exemple adjoindre cartes et chronologies pour mettre en relation les différents médias.

Le travail de l’écriture en rich media va donc être de définir une typologie des usages de tous ces supports disponibles, qui soit sémantiquement justifiée.

Nous pourrions grossièrement en déduire une d’après l’exemple ci-dessus :

  • le texte raconte les faits.

  • le son restitue l’ambiance.

  • la photo nous fait revivre l’instant.

  • la vidéo nous offre un témoignage.

Bien sûr, il s’agit là d’une typologie succincte qui ne se veut en aucun exhaustive. Une réflexion sur ce thème ne pourrait véritablement s’amorcer que par la critique de reportages de ce type. De plus, il nous faudrait adjoindre le dessin, l’animation et bien sûr les interactions.

-——- Open Newsroom, coopérative multimédia pour le journalisme en ligne

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