Énergie solaire et solidaire

La semaine dernière je donnais une conférence à l’événement Rayon-S qui se déroulait à l’Academie du Climat de Paris. Co-organisé par Disnovation.org, il s’agissait d’une journée autour des cultures et approches de l’énergie solaire.
J’y ai donné une présentation intitulé biographie d’un panneau solaire qui présentait notamment l’industrie du photovoltaïque en Chine. La salle était remplie de gens qui installent des panneaux sur des toits d’écoles, montent des coopératives, partagent des compteurs. Une énergie réelle, une vraie volonté de faire les choses autrement.
Ça m’a rappelé l’époque des fablabs, avec le même enthousiasme, la même conviction que la technologie peut être appropriée collectivement.
Mais comme à l’époque des makers avec les composants électroniques, il m’a semblé retrouver le même angle mort « industriel ». L’industrie solaire mondiale (et chinoise surtout) tourne en surcapacité depuis les années 2000. Les usines chinoises produisent bien plus que ce que le marché absorbe. Des méga-parcs sont construits faute d’autre chose à faire avec tous ces panneaux produits. Le panneau qu’on pose sur le toit d’une école à côté de Paris est aussi le produit de cette histoire-là. Plusieurs personnes dans la salle m’ont dit qu’elles achetaient des panneaux "fabriqués en France". Cela existe sûrement, mais presque jamais sans composants chinois en amont. Et la question du recyclage -- 78 millions de tonnes de déchets d’ici 2050 -- n’a pas vraiment trouvé preneur non plus.
Cela m’a permis de comprendre que les réflexions sur le « Made in China » ont belle et bien leur place dans ces tentatives de construire des usages locaux autour d’une infrastructure globale. À suivre.
April 25, 2026
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